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Declaration des droits paysans

En reunissant les premiers responsables de la CNOP (les administrateurs), la CNOP compte les informer et les sensibiliser durant 2 jours en vue d’engager des actions de plaidoyer pour la vulgarisation et la prise en compte de la Déclaration des nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales dans les politiques nationales.

Spécifiquement, il s’agira de :
- Partager la Déclaration des droits paysans et mettre l’accent sur les thèmes clés ;
- Asseoir une maitrise de l’historique du processus par les administrateurs ;
- Mettre en place un plan de plaidoyer pour la prise en compte de la Déclaration dans les politiques nationales.

En vue de faciliter la session, elle a fait appel à Ndiakhate FALL, du CNCR au Sénégal et membre du Comité International de la Via Campesina.

En effet, les paysans et les paysannes représentent près de la moitié de la population mondiale. Les violations de leurs droits augmentent en raison de la mise en œuvre des politiques néolibérales promues par l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), les Accords de Libre Echange (ALE), d'autres institutions et la plupart des gouvernements du Nord comme du Sud.  L'OMC et les ALE forcent l'ouverture des marchés et empêchent les pays de protéger et de soutenir le secteur agricole. 

80 % des personnes qui souffrent de faim et de pauvreté dans le monde vivent et travaillent dans les zones rurales, 50% appartiennent à la petite paysannerie traditionnelle, 20% sont des paysans sans terres et 10% subsistent grâce à la pêche, la chasse et l’élevage. Les paysans sont les premières victimes des violations du droit à l’alimentation, à l’eau et l’assainissement ou à un logement décent. Chassés de leurs terres et réprimés par la force lorsqu’ils revendiquent leurs droits, les paysans sont aussi parmi les premières victimes des violations des droits civils et politiques.

Or, les paysans sont essentiels à la souveraineté alimentaire et la réalisation du droit à l’alimentation, en particulier dans les pays du Sud où ils fournissent jusqu’à 80% des aliments consommés localement. Les paysans offrent une alternative durable au modèle agro-industriel dominant et jouent un rôle déterminant dans la lutte contre le changement climatique et la conservation de la biodiversité. Ainsi, c’est l’humanité entière qui bénéficierait d’une meilleure protection des droits des paysans.

La nécessité de mieux soutenir les paysans et de renforcer la protection de leurs droits est de plus en plus reconnue au niveau international. Ainsi, l’année 2014 a été déclarée Année internationale de l’agriculture familiale par l’Assemblée générale des Nations Unies, en reconnaissance du rôle joué par les paysans et les exploitants familiaux dans la sécurité alimentaire, la lutte contre la pauvreté, le développement durable et la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement.

Après un long travail de consultation interne, La Via Campesina a adopté en 2008, une «Déclaration des droits des paysannes et des paysans ». Avec l’appui du CETIM et de FIAN International, La Via Campesina a présenté cette proposition au Conseil des droits de l’homme en 2009. En 2012, une étude du Comité consultatif (organe d’experts du Conseil des droits de l’homme), réalisée sur mandat du Conseil des droits de l’homme, donnait raison: elle reconnaissait que les paysans et les autres personnes travaillant dans les zones rurales sont victimes de discriminations et de violations systématiques de leurs droits humains et recommandait notamment l’adoption d’une Déclaration ainsi que la reconnaissance du droit à la terre, afin de mieux protéger et promouvoir leurs droits.

Et en septembre 2012, une majorité des États membres du Conseil des droits de l’homme adoptait une résolution présentée par la Bolivie, le Cuba, l’Équateur et l’Afrique du Sud par laquelle il établissait un groupe de travail intergouvernemental chargé d’élaborer et d’adopter une Déclaration sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales, sur la base du projet proposé par le Comité consultatif.

Ainsi, après dix-sept ans de travail, d’efforts et de dévouement, partout dans le monde, consacrés au processus visant une Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales, La Via Campesina sort plus fort que jamais.

En avril, 2018, le Groupe de travail intergouvernemental à composition non limitée sur la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales, s’est réunie en sa 5ème session à Genève, avec pour objectif clair de négocier, finaliser et soumettre au Conseil un projet de Déclaration.

Il faut noter que la plus grande partie des résistances venaient toujours de l’Union européenne dans son ensemble. Mais des objections étaient aussi enregistrées de la part de plusieurs pays comme la Suisse, le Japon, la Corée, la Roumanie, le Royaume uni, les Etats Unis, le Guatemala, le Chili, l’Argentine, le Paraguay, le Mexique et la Jordanie. D’autres pays ont suivi les discussions tout en faisant des contributions constructives pour l’adoption de la Déclaration.

En fin de compte, la majorité des Etats participant aux négociations, particulièrement le groupe central (la Bolivie, le Cuba, l’Equateur, le Venezuela, l’Afrique du Sud), ont réussi à faire adopter par les Nations Unies la Déclaration en novembre 2018.

Depuis, les efforts s’intensifient au niveau mondial pour s’assurer que les Etats membres des Nations Unies s’engagent à la mettre en œuvre.